Quand l’habiter fait la loi
Droit et société , Nouveautés / 8 décembre 2018

Par Marie-Charlotte Lazzarottiet et Olivier Lazzarotti Où est la « résidence habituelle » de Johnny Hallyday ? Si la question traverse la vie de Jean-Philippe Smet, elle revêt, à l’occasion de la rédaction de ses testaments et des procès qui s’ensuivent, une importance particulière. Car c’est en partie sur elle que repose la décision judiciaire : de la loi française, qui garantit aux enfants du défunt une part de la succession, ou de la californienne, qui ignore cette « réserve héréditaire », quelle loi doit s’appliquer à la succession de celui que toute la France connaît sous le nom américain de Johnny Hallyday ? Le droit interroge donc la géographie pour régler un important problème : un père peut-il choisir, parmi ses enfants, ceux qu’il déshérite ? Loin des postures moralisatrices aussi bien que de l’idée de se substituer à la justice, ce livre atteste que, même après son décès, Jean-Philippe Smet bouleverse encore quelques règles de la société française pour interroger les habitants européens et mondiaux que nous devenons. C’est que, au-delà du chanteur, l’homme pourrait avoir inventé l’une des manières – françaises – d’habiter le Monde.