Les comptes du temps – L’archive Claude Simon
Essais , Nouveautés / 8 juin 2020

par Mireille Calle-Gruber Préface de Pascal Quignard Prix : 24 euros « Cela sentait comme une fleur, comme une jeune fille, comme peut sentir la chambre ou plutôt le tombeau, le sarcophage d’une toute jeune fille que l’on y aurait conservée intacte quoique prête à tomber en poussière au moindre souffle. » C’est ainsi que Claude Simon évoque sa tante paternelle, Artémise Simon dite « Tante Mie » dont il fait le personnage principal de L’Herbe, « Marie, extraordinaire d’abnégation et de générosité », et dont l’histoire nourrit plusieurs de ses livres. Le meilleur portrait de Tante Mie, Claude Simon sait que ce sont les carnets de compte de la vieille dame, qu’il a conservés, insérésdans ses textes et versés à ses archives. Les Carnets de Tante Mie, qui restituent les gestes de la vie minuscule jour après jour, donnent un éclairage puissant sur la création littéraire : le compte des dépenses et les comptes du temps, se révèlent être le seul « journal intime » possible pour la modestie d’Artémise. Il faut lire minutieusement la minutie des Carnets de Tante Mie : ils forment la trame d’une existence ; ils en sont la crypte. Mireille Calle-Gruber est critique littéraire,…

Manifeste pour une école de l’écologie
Essais , Nouveautés / 25 janvier 2020

Par Thakur Singh Powdyel Prix : 18 euros L’avis des lecteurs et critiques Ce texte est relativement court mais son but est ambitieux. Powdyel écrit à propos du Bhoutan, mais la portée de son message est universelle. L’auteur ne plaide pas pour une cause, son texte n’est pas un argumentaire, encore moins un sermon, mais un véritable appel. Son ton est léger et n’est pas moralisateur. L’auteur se réfère « au modèle prédominant de la pensée unique » et déclare que « l’éducation a perdu son sens pour devenir sans objet », mais plutôt que de sombrer dans l’hystérie et le catastrophisme comme beaucoup de spécialistes du sujet, Powdyel nous offre un idéal plein d’espoir. Il y a dans la vision de Powdyel, quelque chose d’intemporel, qui ne peut pas être menacé ou remis en cause par les merveilles de la modernité. Les qualités et les vertus qu’il célèbre ne sont ni traditionnelles ni modernes. L’esprit de son texte est typiquement bhoutanais, ce même esprit qui fait du Bhoutan un lieu exceptionnel à l’histoire si particulière. La plus belle pensée que je n’ai jamais connue… Il y a tant de choses magnifiques dans ce livre. Bien que l’auteur désigne son…

Passage d’Ariel – Bernard Marcotte, poète, conteur et philosophe de l’ironie
Essais / 31 mai 2019

Par Paul Tuffrau Prix : 19 euros « Un brin d’herbe au soleil est plus beau qu’un arbre foudroyé. » Ainsi parlait Bernard Marcotte, exprimant ainsi sa volonté que la joie soit source de vie et triomphe même des souffrances. Il s’agit là d’un des aspects frappants de la pensée de cet auteur ardennais décédé en 1927 à tout juste 40 ans d’une façon terrible, – dans les suites de la Première Guerre mondiale -, une pensée constamment en éveil, allant hors des sentiers battus, dans laquelle se mêlent fantaisie, poésie, rêveries et évocation de la nature… Que sa mémoire et ses œuvres puissent disparaître, Paul Tuffrau (1887-1973), lui même homme de lettres, pouvait d’autant moins l’imaginer que des liens d’une profonde amitié s’étaient établis entre les deux jeunes gens depuis le temps de leurs études à Paris. Aussi composa-t-il en 1934 Passage d’Ariel. Bernard Marcotte, poète, conteur et philosophe de l’ironie, longue étude qu’il ne put malheureusement faire publier, texte d’une très grande sensibilité où l’émotion reste toujours sous-jacente, – un choix d’écrits de Bernard Marcotte complétant le propos. Paul Tuffrau (1887-1973), écrivain, critique littéraire et professeur de littérature et d’histoire, auteur de nouvelles du Pays Basque, proche de…

Les banlieues et territoires abandonnés – Pourquoi rien ne change ?
Essais / 15 janvier 2019

Par Hervé Pierre Prix : 19 euros Les banlieues du 93 préfigurent la France de demain. Elles sont le résultat d’une politique délibérée : abandonner à leur triste sort les zones périphériques et la classe moyenne pour les rendre totalement dépendantes de l’État, omniprésent, confisqué par une élite parisienne aveugle. Le géographe Christophe Guilly a raison de dire qu’il y a une France d’en haut resserrée sur elle-même et une France d’en bas accablée d’insécurité, de taxes et réglementations. Les banlieues s’en sortent paradoxalement par l’économie criminelle. Celle-ci gagne tout le territoire. La seule réponse des dirigeants à ce défi considérable est « encore plus d’Etat central », quand il faudrait responsabiliser les personnes, diminuer les impôts et donner aux maires des moyens de police de proximité. La France ne guérira pas en rajoutant le mal au mal mais par une inversion complète de son mode de pensée. Ce livre, dialogue entre une habitante de Saint-Denis et Hervé Pierre, ancien commissaire de police de terrain, montre l’étendue du désastre dans les « territoires abandonnés » et avance quelques idées de bon sens pour se sortir de l’ornière… Hervé Pierre, commissaire divisionnaire de police honoraire, a travaillé quinze ans dans le…