
Prix : 24 euros
Illustrateur-photographe reconnu pour son travail d’éditions d’ouvrages touristiques et artistiques, Jean Roubier (1896-1981) possède une autre facette moins commerciale, qui en fait un membre du courant des photographes humanistes, apparu en Île-de-France dans les années 1930. Entré en photographie en 1932, Jean Roubier fut lancé professionnellement par ses portraits de personnalités du monde culturel et artistique, qui se retrouvèrent dans la presse quotidienne. S’y ajoutèrent les représentations d’un mode de vie parisien et provincial sur le point de céder devant la modernité. Tout un monde surgit des clichés du photographe, nimbés d’humour ou de tendresse, qui fait au curieux d’aujourd’hui le clin d’oeil d’un hier où chacun jouait le rôle pour lequel il semblait être taillé.
« Pendant longtemps, le travail photographique de Jean Roubier est resté dans l’ombre de celui de ses contemporains célèbres, comme Marcel Bovis, Robert Doisneau, René-Jacques ou Willy Ronis. Reconnu comme photographe-illustrateur dans les années 1930 et 1950, Roubier expose quelques-uns de ses tirages après-guerre, dans les salons nationaux de la photographie à la Bibliothèque nationale. Ses succès dans l’édition et son implication dans les organisations professionnelles naissantes lui assurent la reconnaissance de ses pairs. » Mathieu Rivallin, responsable du département de la photographie, MPP
« Délicatesse et poésie du noir et blanc résument l’œil de cet amoureux des autres et du monde que fut Jean Roubier (1896-1981). Son objectif caresse avec tendresse les gens simples, comme les grands noms, cherchant sans cesse à rendre l’importance de chacun dans sa spécificité humaine autant que sociale. Un vigneron du Bordelais, une lavandière de Bretagne, un paysan des Alpes œuvrent, à ses yeux, la même importance, la même exigence de rendu que le plus intellectuel des Parisiens. Le portrait d’une Collioureuse respirant son filet de pêche (cliché n° 125) n’a rien à envier à celui d’un Cocteau contemplant un antique en lévitation (cliché n° 14). Tous deux sont beaux, impressionnants dans leur majesté, immortels dans leur essence, à égale valeur pour le photographe. Au temps des destructions de la Seconde Guerre mondiale, Roubier sut rendre la souffrance latente du patrimoine anéanti (clichés n° 143 à 160). Son regard porte sur les choses inanimées la même exigence de vie, la même volonté de respiration et de vie que pour un être de chair et de sang. » Fatima de Castro, chargée de collections photographiques, MPP